Le jour où...naquît un nouveau blog

La vie nous fait souvent des crasses… Des crasses et des cadeaux.

On ne peut pas forcer la main du destin, mais on peut influer pour qu’elle nous caresse plus qu’elle ne nous écrase.

Récemment nous avons rencontré des personnes qui offrent un atout que nous espérions et attendions depuis longtemps, un atout dont nous aurons besoin pour nous accompagner sur notre chemin.

C’est une nouvelle vie pour notre famille, et pour vous qui suivez notre aventure vers la remise d’un chien d’éveil spécialement éduqué pour répondre aux besoins des personnes autistes, trisomiques, polyhandicapées, avec l’association Handi’chiens:

Voici Gabrielle et Guinée, notre duo à 6 pattes!

Depuis que Guinée nous a été remise, les troubles de sa petite maîtresse se réduisent, et nous pouvons enfin avoir des moments familiaux et vivre ce qui était trop difficile auparavant, comme un pique-nique au bord d’un étang, partager un repas, ou regarder un dessin animé tous ensemble, faire des courses, avec notre thérapeute à quatre pattes.

Nous avons beaucoup de bénéfices à partager, beaucoup d’évolutions, de facilités dans le quotidien, rendu possible grâce à notre belle Guinée chien d’éveil handi’chiens, généreusement parrainée par les kiwanis de la Baule, qui sont venus à la rencontre de Gabrielle et se sont occupés d’elle.

Tant de mots à vous écrire, qui sont tous présents ici, dans les yeux de Gabrielle, fière de tout ce que sa Guinée rend possible pour elle.

Nous vous souhaitons de belles lectures et de l’espoir à ceux qui en ont besoin au travers de l’évolution de notre duo!

Le jour où...j'écrivis une note pour plus tard.

Un nouveau blog naît et signe la promesse d’un quotidien transformé.

Découvrez avec nous le projet qui changera notre vie familiale auprès de Claudia et Gabrielle nos deux filles autistes…

…et surtout celle de Gabrielle notre cadette, grâce à l’association Handi’chiens - centre de Bretagne.

Partageons avec vous cette fabuleuse aventure humaine et canine !

© Photo Handi’Chiens

Notre épopée débute le 4 juillet 2012 à 3 heures du matin !

A la recherche d’inspirations pour aider mes filles dans leur quotidien, j’erre sur la toile de sites en blogs et je découvre l’association Handi’chiens sur le blog de Virginie, maman d’un enfant extra-ordinaire.

Son récit de la rencontre entre Thomas et son chien d’éveil Etic me remplit d’émotions, une belle histoire dont je m’éprends.

Je la garde en secret dans un coin de mon esprit, comme une note chaleureuse pour plus tard, quand les jours paraissent plus gris.

En novembre 2012 à 7h31, autour du choix du boxer de deux petits jumeaux autistes qui suivent le blog de Claudia et Gabrielle, je me replonge dans ce que j’ai lu chez Virginie quatre mois auparavant.

Puis, à 11h25 l’évidence est omniprésente :

les besoins de Gabrielle correspondent à ce qu’un chien d’éveil peut apporter et j’entrevois comment faire intervenir un chien auprès de Gabrielle dans ses crises les plus difficiles.
C’est à ce moment-là que je comprends réellement ce qu’est l’aventure Handi’chiens et la qualité de vie qu’elle pourrait offrir à Gabrielle ainsi qu’à toute note famille.

Pendant deux mois je lis tout ce qui me tombe sous les yeux autour de l’association et je le partage avec mon époux le papa de nos deux beautés, qui est entièrement conquis et enthousiasmé par le projet.

Mes lectures de chevet sont les témoignages des familles bénéficiaires, les blogs des familles d’accueil, mais aussi les livres autour des chiens en général toutes races confondues : leurs physiologies, leurs psychologies, leurs éducations, leurs comportements, leurs maladies, leurs soins.

Je m’attache plus spécifiquement aux chiens nageurs labradors et goldens retrievers puisque nous résidons en bord de mer et qu’Handi’chiens travaille uniquement avec ces deux races.

Tout ceci dans le but de déterminer si nous serons en mesure d’accepter les contraintes que représentent l’accueil d’un labrador ou d’un golden retriever âgé de deux ans chez nous et l’investissement que chaque membre de la famille sera en mesure d’apporter à un animal qui est bien plus qu’un compagnon: un thérapeute à quatre pattes.

Nous nous posons beaucoup de questions sur la place qu’occupera notre aînée, Claudia, également autiste.

Claudia & Maman

L’implication étant très différente de celle d’adopter un animal de compagnie, nous nous accordons deux mois de réflexion, même si nous sommes tous deux partants, afin d’être certains d’aborder le projet en harmonie en tant que parents de deux enfants autistes et en tant que couple.

En effet si nous n’étions par soudés autour de ce projet, l’arrivée d’un Handi’Chiens n’aurait fait que compliquer le quotidien, au lieu de l’alléger.

Handi’chiens nous accompagne dans ce processus.

Tous deux forts de notre foi en ce projet, nous remplissons fièrement notre dossier en janvier 2013, puis nous attendons un peu plus d’un an avant de recevoir Handi’chiens chez nous.

La suite à la prochaine page du cahier !

Focus sur le chien d’éveil

“Les chiens d’éveil font preuve, pendant leur formation, de dispositions plus particulièrement adaptées à une fonction d’assistance d’enfants atteints de troubles autistiques, de trisomie 21 ou d’enfants polyhandicapés qu’à celle de Chien d’Assistance pour personnes en fauteuil roulant.

Certaines commandes et aptitudes seront encouragées : ramper, travailler au sol, multiplier les activités de jeu font alors partie du quotidien et de la mission du Chien d’Assistance.

C’est ainsi qu’HANDI’CHIENS proposent depuis plusieurs années et quand cela est possible, des Chiens d’Eveil qui sont confiés aux parents.

Il leur revient alors de gérer le chien et d’utiliser ses compétences extraordinaires pour stimuler, éveiller, calmer l’enfant et lui faire passer des messages de manière ludique, en essayant de soulager, de dédramatiser les moments difficiles.

Par son calme, sa délicatesse ou sa demande permanente de câlins, le chien va créer des liens de complicité avec l’enfant en toute sécurité, secondant et rassurant les parents.

Développer le langage, faire ouvrir une main fermée depuis des années, vivre des échanges de regards jusqu’alors inexistant, tels sont quelques-uns des moments forts en émotion que nous rapportent les parents.

Pourquoi ne doit-on pas caresser un Chien d’Assistance ?

Le chien et son maître doivent former un couple, être en parfaite symbiose. Il est donc recommandé, pendant les premiers mois de cohabitation, pendant cette période où se tissent les liens, de laisser au maître handicapé le privilège de la récompense dont la caresse fait partie.

Cette question se pose de façon cruciale pour l’entourage immédiat de la personne handicapée et la plus grande rigueur s’impose. Le chien doit savoir qui est son maître … mais il apprendra vite !

Quant il s’agit d’une rencontre occasionnelle, l’important est de demander au maître l’autorisation de caresser le chien.

Le maître fera asseoir son chien et il existe un ordre : « dis bonjour » et le chien vous tendra une patte amicale.

Cette rencontre, ce lien social qui se tisse passe aussi par ce mouvement spontané de sympathie à l’égard du maître et de son chien, mouvement qui doit être encouragé.

Ces chiens sont-ils heureux ?

Par nature, le chien est heureux de travailler pour son maître, de lui faire plaisir. Mais il a aussi besoin d’être récompensé pour cela.

La complicité indispensable pour que le couple Maître/Chien puisse se réaliser pleinement est fondée sur un principe simple et fondamental : celui du respect des besoins fondamentaux du chien, physiologiques et psychologiques.

Le chien doit trouver chez son maître handicapé les conditions de son épanouissement de Chien d’Assistance : la promenade, la récompense, les moments de liberté et de jeu font partie du « contrat » qui lie HANDI’CHIENS et la personne handicapée qui reçoit l’un de nos chiens.

HANDI’CHIENS reste propriétaire du chien qui est confié à son nouveau maître. Tout manquement aux engagements entraînerait le retrait du chien.”

Handi’chiens

Le jour où...le svelte Haribo nous rendit visite.

Une année s’écoule, une année à concevoir tout notre quotidien avec un chien d’éveil.

Nous imaginons comment faire intervenir un héros quadrupède dans les passages difficiles, dans les temps de jeux, dans les moments de travail, dans les instants familiaux.

Nous planifions une autre organisation au quotidien, des temps dédiés à une vraie vie de chien heureux et libre de gambader sans laisse lorsque notre ami à quatre pattes ne travaillera pas, pour respecter ses besoins, qu’il soit bien dans ses poils pour optimiser au maximum les atouts qu’il aura.

Je crois tellement en Handi’chiens que lorsque je me lève au matin d’une journée qui commence par une Gabrielle en crise qui ne fait que rappeler celle de la veille, je pense; je visualise.

Je pense à l’association, aux éducateurs canins et aux familles d’accueil qui donnent tout leur amour et leur savoir-faire pour que l’aventure soit possible.

Je me sens rassurée, pleine de courage, peut-être que ce sera bientôt pour Gabrielle, notre tour, notre chance.

Nous croyons à notre projet, nous l’imaginons concrétisé, et cette vision d’avenir nous redonne l’énergie qui semblait perdue quelques minutes auparavant.

Handi’chiens représente pour moi l’espoir d’autonomiser Gabrielle, d’améliorer considérablement son bien-être et de faire exister des moments familiaux que l’autisme rend bien trop rares.

De mon côté, je me projette tant que ça en a un coté mélancolique.

J’attends beaucoup d’Handi’chiens, j’attends que le temps passe, que notre réflexion évolue, et bien que nous ne soyons pas oubliés par l’association, le temps parait s’étirer.

Je garde tous mes espoirs, consciente de l’intensité de mon investissement.

Je ne gamberge pas, du moins j’essaie de de pas donner prise aux suppositions cafardeuses d’un projet qui n’aboutirait pas et qui envahissent parfois mon esprit un peu trop fécond…

J’attends qu’à la suite de ce premier contact, un responsable de l’association se rende à notre domicile afin de mieux connaître Gabrielle, notre famille, notre mode de vie, notre entourage et l’environnement dans lequel nous espérons vivre avec un chien d’éveil.

Enfin le jour tant attendu de l’entretien à la maison arrive, nous rencontrons Ann l’éducatrice canine et Sophie la directrice du centre de Bretagne, accompagnées d’un de leurs magnifiques golden retrievers, le svelte Haribo.

Haribo, celui-là même dont j’avais suivi quelques photos sur le blog de la famille d’accueil d’un autre handichien, Harlem.

Haribo et Christine Maugère, chargée de la section Bégarroise d’Handi’chiens

Qu’il est grand et beau!Je suis émue de rencontrer Haribo et de l’accueillir le temps d’un rendez-vous au sein de mon foyer.

Je me présente à Haribo, tenu en laisse par Ann. Il est temps pour Haribo de découvrir la maison en liberté.

Le quadrupède fait le tour des pièces , respire l’odeur des meubles , regarde chaque membre de la famille et vient poser sa tête, gueule entrouverte sur… l’avant bras du papa de Gabrielle!

Cet instant partagé avec Haribo nous a beaucoup touché, par la présence du chien dans notre maison et par son côté tactile.

C’est à ce moment là que, comme à son habitude, Claudia la fine mouche pose dans ses mots la question que ses parents ont en tête: “Heuuuu qu’est ce qu’il dit Haribo?”

Claudia tente de comprendre qu’un animal n’a pas le même système de pensée qu’elle, plus tard Ann expliquera qu’Haribo est un chien qui aime rechercher le contact physique.

Puis Gabrielle débarque en trombe dans le salon.
Notre petite tornade s’immobilise, plonge son regard dans celui d’Haribo, caresse son museau, elle semble vouloir communiquer avec lui.

Elle attrape un crayon de couleur, tente de le lui mettre dans la gueule, puis elle le lance!

Gabrielle est bien intrusive
face à un Haribo fraîchement sorti du camion Handi’Chiens! Elle est heureuse et sa joie fait la notre!

Voici une vidéo de Haribo au studio de la radio Vivre FM

Nous nous entretenons longuement avec Ann et Sophie.

Nous parlons bien sûr de l’association, de l’intérêt du placement d’un chien d’éveil chez nous, de la personnalité du chien qui conviendrait, du déroulement du stage intensif précédant la remise du chien d’éveil par sa famille d’accueil.

Nous évoquons notre investissent de parents dans cette aventure, des fonctionnements que nous avons imaginés, plus particulièrement de mes pensées autour de notre projet au quotidien, de la place une pourrait occuper Claudia, la grande soeur de Gabrielle, également autiste.

Nous nous sentons sur la même longueur d’onde que l’association, en terme du respect de l’éducation que le chien a reçue, sur un plan humain, éducatif, sur notre perception du quotidien, sur notre autorité que nous exerçons naturellement en douceur.

Nous avons coordonné toute une équipe autour du projet de Gabrielle.

Le pédopsychiatre, l’orthophoniste, l’enseignante déférente de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) et le centre de loisirs proposent des aménagements à la maison, en sortie ludo-éducatives, à l’école, toujours en ma présence.

L’orthophoniste propose des séances à la maison pour travailler en contexte les intonations des commandes auxquelles le chien répond.

Nous tentons de brosser un portrait idéal du chien qui nous serait destiné.

Pour notre Gabrielle, nous souhaitons qu’il soit plus dynamique que calme afin de la sortir de ses doux rêves et de la stimuler.

Nous l’espérons très joueur , nous n’avons pas peur qu’une joie s’empare de notre petit monde et monte crescendo, puisque Gabrielle a une bonne réponse lorsque nous l’aidons à retrouver son calme.

Pour Claudia, nous ne souhaitons pas un chien d’alerte: notre aînée garde de ses troubles autistiques l’angoisse des bruits soudains, les aboiements la paniqueraient.

Sans compter que nous vivons avec trois chats qui frappent à la porte pour entrer dans la maison, ce qui est assez régulier, nous pensons qu’un chien d’alerte aboierait trop fréquemment et mettraient mal à l’aise nos félins câlins. Bien sûr, nous espérons un chien habitué à la compagnie des chats qui sont très proches notre fille aînée.

Nous souhaitons que le chien nous accompagne en promenades et en mer quand il ne travaille pas auprès de Gabrielle, tout en privilégiant deux balades quotidiennes avec Gabrielle afin que le chien associe ce moment agréable à sa petite maîtresse.

Après cet entretien, le désir d’obtenir un chien d’éveil pour Gabrielle est encore plus présent et furieusement nécessaire.

Dans la moindre de nos sorties, dans le moindre besoin de Gabrielle, nous la voyons et nous nous voyons accompagnés d’un quadrupède super héros.

Notre dossier est maintenant complété et en passage de commission. Nous saurons s’il sera accepté dans les deux mois à venir. Osons y croire pour de vrai.

La suite au prochain post-it!

Focus sur le parcours de formation du chien d’éveil

La sélection.

Nos chiens, Labradors et Golden retrievers, sont sélectionnés chez des éleveurs par nos Educateurs.

Ils sont nécessairement issus de parents inscrits au LOF (Livre des Origines Français) car il est important de connaître la lignée pour nous garantir autant que faire se peut, des risques héréditaires telles que la dysplasie coxo-fémorale ou les tares oculaires dont Labradors et Golden Retrievers sont souvent victimes.

Des tests de comportement permettront d’écarter, au sein d’une même portée, les chiots trop craintifs, trop indépendants ou qui d’évidence n’accepteront pas facilement de se soumettre aux ordres de leur maître.

Nos futurs chiens d’assistance sont alors âgés de 7 semaines !

La vie en famille d’accueil.

Une étape décisive dans l’éducation de nos chiens !

Les 330 Familles d’Accueil, réparties dans toute la France font le choix d’assurer la socialisation et la pré-éducation de ces chiots si attachants pendant 16 mois.

Ils ont pour mission de transformer le chiot en un chien équilibré, parfaitement intégré à la société en le familiarisant avec la plus grande diversité possible de situations. Ainsi le chien, dans sa vie future ne se laissera pas surprendre !

Il connaîtra aussi les commandes de base « assis, couché, pas bouger, viens… » et répondra à 30 commandes.

L’entrée à la grande école.

A l’issue de cette période de 16 mois pendant laquelle nos chiens auront appris le BA BA d’une bonne éducation et les règles de bonne conduite indispensables pour devenir un chien d’assistance « diplômé », nos chiens - alors âgés de 18 mois - vont rejoindre l’un de nos 4 Centres.

Ils y retrouveront leurs congénères, une équipe de 20 à 30 chiens à laquelle il faudra s’intégrer et surtout, les éducateurs spécialisés qui vont s’employer à parfaire leur éducation.

De 18 à 24 mois, nos chiens vont apprendre en s’amusant.

Périodes d’entrainement, de jeux, de promenades et de repos alterneront pour que soit respecté le rythme biologique de nos chiens et leurs besoins physiologiques et psychologiques.

Ils apprendront, pendant les 6 mois que durera leur séjour, les 52 commandes auxquels ils devront savoir répondre. Les exercices pratiques se feront à l’intérieur du Centre, dans une salle qui reproduit le contexte familial.

Chats, lapins, oiseaux font partie de cet environnement et pas question de se laisser dominer par un instinct de chasse qui ne serait pas totalement maîtrisé!

6 mois après leur entrée dans l’un de nos Centres, nos chiens sont prêts pour la dernière étape : heureux de travailler, de faire plaisir, ils participent alors à un stage d’adaptation et de transmission qui leur permettra de rencontrer ceux dont ils deviendront les compagnons de route.

Handi’chiens

Le jour où...la sonnerie du téléphone retentit.

Après la visite de l’association Handi’chiens au sein de notre foyer, nous sommes de plus en plus convaincus du changement de vie qui nous sera offert, si notre dossier est accepté.

Le quotidien dans lequel nous nous étions projetés accompagné d’un chien d’éveil s’accorde au discours de l’association, ce qui nous rassure et nous conforte dans notre décision.

La seule part d’ombre restait la place de Claudia, la grande soeur de Gabrielle, également autiste.

Nous avons déterminé avec Handi’chiens un rôle sur mesure pour Claudia dans les interactions qu’elle pourrait avoir, ce rôle lui sied à merveille et nous sommes toujours partants!

Cet entretien nous a beaucoup plus, nous nous sentions sur la même longueur d’onde que l’association et tout à faits capables de répondre aux besoins particuliers d’un chien d’éveil.

Alors nous osons y croire, nous parlons encore plus du projet entre nous, toutefois conscients de la difficulté de trouver un tel chien.

Il faut trouver le bon chien pour Gabrielle, il deviendra sa “moitié” à quatre pattes, avec des qualités particulières sur la stimulation, cela prend du temps il n’y a pas toujours de chien destiné à l’éveil sur toutes les promotions de la grande école.

@Photo Handi’chiens

Nous pensons aux jeunes chiens encore en famille d’accueil, ou entrant tout juste au centre d’éducation.

Peut être qu’il y a un chien pour Gabrielle dans la promotion de cette année? Ou devrons-nous attendre une année supplémentaire pour trouver notre perle rare?

Qu’importe le temps si le résultat est la promesse d’une vie nouvelle pour Gabrielle. Nous sommes prêts à attendre.

Mais au préalable, il faut surtout que notre dossier soit accepté.

Plus les jours passent, plus nous sommes tendus, dans l’attente d’un coup de fil.

Puis, le téléphone sonne. Ne reconnaissant pas le numéro j’hésite à décrocher, je rentre d’une séance de kinésithérapie éprouvante pour Gabrielle, une journée tout à fait à l’image des dernières semaines écoulées.

Je décroche. C’est Ann, l’éducatrice canine.

Comme j’ai bien fait de décrocher.

Nôtre dossier est accepté. Nous sommes fous de bonheur pour Gabrielle!

Cette nouvelle bien évidemment nous apporte un réel soulagement.

Cerise sur le gâteau: deux chiens correspondent à notre profil, prêts pour le stage de mai! Seulement trois mois à attendre avant que notre rêve se réalise!

Afin que l’éducatrice canine évalue quel chien correspond le mieux aux besoins de Gabrielle et de notre famille nous accompagnerons notre cadette sur le site d’Handi’chiens Bretagne.

Alors, ce soir nous savons que notre attente était presque arrivée à son terme, que les chiens sont là, que nous sommes là, oui, on fête ça, tous les quatre, oui j’ai sauté de joie dans le couloir de ma maison!


“On se donne la main pour notre chance” Claudia

Il y a un avant et un après ce coup de fil.

Désormais, ce n’est pas grave si le quotidien est difficile, car nous savons que bientôt, nous recevrons l’aide que nous espérons, en ayant bien sur des attentes les plus réalistes possible. On ne guérit pas de l’autisme, mais on peut améliorer la qualité de vie de Gabrielle et de notre famille.

Une part de la souffrance de notre cadette trouvera une réponse pleine d’assurance, d’amour, de rires et de sourires. Il faut juste attendre et se préparer à passer un stage intensif.

C’est une évidence que nous partageons et les contacts que nous avons avec les autres familles déjà bénéficiaires ne font que soutenir ce sentiment fort agréable.

Le jour ... qui en valût quatre-vingts trois

Au petit matin du 25 février 2014, voici notre famille fraîchement éveillée sur la route du secret qui sera enfin dévoilé.

Claudia notre aînée se lève plus tôt que d’habitude, empressée de petit-déjeuner chez sa camarade de classe qui l’accompagnera à l’école.

Pendant ce temps, Papa, Maman, et Gabrielle roulent sur les routes pluvieuses de Bretagne, pour 6 heures de temps aller- retour.

Nous sommes inquiets pour le ressenti de Gabrielle qui n’aime pas les longs voyages en voiture. Mais ce matin là, sa motivation pour aller voir les chiens a été plus grande que son angoisse. Aucune crise de panique, Gabrielle est resté très calme pendant les 2 premières heures, un peu plus difficile pour l’heure restante.

Une fois libérés de notre scenic, nous découvrons le centre Handi’chiens de Saint Brandan. Nous sommes accueillis autour d’un café avec le plaisir de retrouver Ann et Sophie qui étaient venues chez nous avec Haribo. Gabrielle découvre quelques jouets qui l’intéressent énormément, à tel point qu’elle ne voit pas les truffes curieuses qui s’agitent à la fenêtre !

Je sollicite Gabrielle en lui touchant l’épaule, je lui montre les chiens, elle nous surprend en disant “Croquettes !”
Je crois qu’elle a bien envie de les nourrir !

Nous visitons le centre, le chenil, les espaces de détente, les stocks de croquettes et…la salle de travail où nous attendent des chats et des petits animaux.

Ces petits animaux sont habitués à la présence des chiens qui se familiarisent avec eux et apprennent à inhiber leurs instincts de chasse.

Nous avons hâte que Gabrielle soit présentée à ces deux chiens dont Ann nous a parlé. Notre cadette qui aime tout ce qui roule est obnubilée par un camion.

Quand la belle Guinée entre en scène, Gabrielle comprend que Guinée aussi peut jouer avec le camion, elle le fait tourner et Gabrielle en est très amusée.

Quelques jeux de parcours, quelques commandes amusantes, Gabrielle répète bien les commandes et en initie certaines.

Elle est immédiatement transformée, présente, fière et heureuse !

Guinée donne un jouet

Guinée enlève les chaussettes !

Une petite balade

Oh des coussinets !

Et un peu de brossage

Avec Gim’s, Gabrielle découvre que les chiens peuvent être attirés par les chats, ce qui la fait rire !

Gabrielle, étonnamment concentrée, a compris la routine des exercices déjà proposés avec Guinée et initie volontiers le même parcours avec Gim’s !

Un petit câlin

Le moment tant attendu par Gabrielle: le petit gâteau, qu’elle n’a même pas essayé de manger, non c’est pour les chiens d’éveil !

Gabrielle est un peu brusque et tente de mettre Gim’s debout à la force de ses petits bras. Sur nos sollicitations, elle tente timidement une commande orale !

Ces deux chiens ont été merveilleux et heureux de montrer ce qu’ils savent faire. Je ne peux vraiment pas dire lequel des deux serait le plus adapté à Gabrielle tant elle est heureuse et présente auprès d’eux.

Gabrielle n’a pas eu deux réactions très différentes en présence de ces deux chiens. Pour moi c’est très ténu. Nous nous en remettons entièrement à la décision de l’éducatrice canine qui connait ses chiens, leurs caractères, leur histoire dans leurs familles d’accueil.

Comment pourrions-nous décider… Tout ce que nous voyons à chaud est faussé car si un des chiens paraissait très enthousiaste, ou très canalisant, c’est plus une circonstance qu’un trait de caractère.

Nous, parents, nous avons deux émotions différentes mais intenses auprès de chacun de ces chiens.

Nous prenons la route du retour, nos trois têtes pleines de rêves. Nous avons trouvé Gabi très épanouie, disponible, causante ! Elle a dit “au revoir” en ajoutant les prenoms des personnes. Quelle surprise !
Elle a réinvestit
tout ce qu’elle a appris avec son shetland d’équitérapie.

C’est à ce moment précis que je réalise que je ne me suis pas sentie aussi apaisée pour Gabrielle depuis très longtemps. C’est sans doute la plus belle décision de notre vie après celle d’avoir des enfants !

Après cette rencontre canine, notre Gabi reste sur sa lancée: elle se réveille heureuse calme, me demande “Chien?", je lui explique qu’aujourd’hui c’est l’hôpital de jour, elle se lève bien, sans cris, elle continue de dire quelques mots.

Sa grande soeur Claudia lui prépare un calendrier pour que Gabrielle puisse compter les jours jusqu’aux retrouvailles. Elle est réceptive. Cet état aura duré 3 jours consécutifs. Je ne peux qu’imaginer la hauteur du résultat lorsque le chien d’éveil sera présent au quotidien.

Nous avons réalisé un calendrier qui nous mène jusqu’au stage, Claudia a dessiné en signes makaton ” le chien de Gabrielle” et les étapes du stage ( départ en voiture, le nombre de dodos avec le chien pour que Gabrielle se repère, retour à la maison avec le chien dans la voiture et retrouvailles avec Claudia dans notre maison). Une grande soeur très investie !

“Il faut être patient, on fait comme si c’était rien.” Claudia, pour encourager sa soeur dans l’attente de son chien d’éveil.

Et puis… un jour ensoleillé mais embrumé des larmes de Gabrielle qui avait perdu son doudou et enchaîné les imprévus, et donc des crises très intenses…

…Ann m’annonce que nous partons en stage, en mai, avec la Belle Guinée ! Une nouvelle qui a calmé Gabrielle, notre petite a compris.

Et moi… dans l’attente de cette réponse, je me suis rendue compte qu’entre Guinée et Gim’s…j’avais eu personnellement un vrai coup de coeur pour la belle Guinée!

Le jour où... le héros quadrupède eut son nid.

Un stage lourd, intense, qui nécessite un bon paquet de mouchoirs, un bon dossier à remplir, et un bon repos avant le jour J!

Pendant que nous entamons une cure de vitamines, Claudia me fait remarquer: “Maman, il faut faire de la place dans la maison pour Guinée.”

Quand un changement arrive dans une maison de petits autistes, il faut introduire les nouveaux objets petits à petit, afin de bien se préparer et d’éviter les situations brutalement anxiogènes.

J’ai 82 jours pour préparer mon petit monde à de nouveaux objets pour le chien d’éveil, mais aussi à une nouvelle place dans notre famille, dans nos coeurs.

Qu’à cela ne tienne! Nous dégageons un espace de jeu dans le salon : une vue imprenable sur toute l’activité de la maison et du jardin, pour que Guinée ne soit pas surprise par d’éventuels mouvements.

avec des couvertures polaires !

Claudia installe l’espace de jeux pour le futur chien d’assistance de Gabrielle, et teste la couverture polaire: douce, chaude, pas froid sur le carrelage. Adoptée!

Nous aménageons également un espace détente -jeu sous la terrasse, pour les jours doux, ainsi qu’un passage de l’extérieur au jardin avec jet d’eau, pratique pour le retour des balades boueuses et des baignades en mer.

Gabrielle sur le canapé construit en palettes, d’abord pensé pour elle et Guinée, si confortable que je m’y suis déjà endormie!

Pour la nuit, nous souhaitons que Guinée dorme avec Gabrielle, sur son lit, afin de l’aider à se détendre à l’endormissement et de réduire son onychophagie.

Cependant nous avons prévu un lit dans la chambre de Gabrielle, pour le confort de Guinée. Il faut dire que Gabrielle peut être physiquement envahissante et brusque dans son sommeil, il faudra un lit de repli pour éviter toute mésentente!

Test du lit de Guinée, la réception du saut est super confortable!

Durant deux mois et demi, nous réaménageons petit à petit la chambre de Gabrielle : la commode est remplacée par un petit canapé, bien plus d’espace pour notre futur duo!

Et comme on se fait plaisir… des jeux! mais pas n’importe lesquels. Des jeux qui intéressent particulièrement Gabi avec lesquels Guinée peut jouer, afin d’inciter Gabi à partager son univers.

Gabrielle note bien tous ces changements et comprend tout à fait ce qui se passe dans sa maison. Le jour où le coffre de la voiture a été aménagé, Gabrielle est immédiatement partie chercher la couverture de Guinée pour montrer qu’elle veut tester tous les lits de son futur chien d’éveil !

Un lit dans le coffre c’était marrant mais ça m’a beaucoup perturbée!

Bien que Gabrielle soit habituée progressivement aux petites nouveautés, c’est déjà beaucoup pour elle et parfois trop. Gabrielle a eu quelques crises qu’elle gère de mieux en mieux …c’est le principal! et puis… il reste encore quelques semaines pour s’habituer.

Pendant ce temps, au centre d’éducation, Guinée travaille certaines commandes spécifiques : un objet indispensable, une marche particulière, des petits ajustements aux besoins et habitudes de Gabrielle…

…à dévoiler dans un prochain post-it!

Le jour où...la porte des prés s'ouvrit

Au coeur des côtes d’Armor , nous sommes accueillis dans un magnifique gîte pour enfants qui respire l’authenticité rurale et la sérénité .

Deux autres familles portant le même projet que nous partagent notre aventure : nous vivons ensemble pour une semaine!

A la porte des prés , notre bigornette joue les fermières. Un vrai rêve pour elle , qui évolue dans une campagne verdoyante , accompagnée de poules, oies, lapins , poney …

Un environnement qui répond parfaitement aux centres d’intérêts de Gabrielle , ce qui lui a permis de bien gérer ce nouveau lieu , sans angoisse.

Ca faisait longtemps que Maman cherchait ce genre d’accueil . Ce jour là , tout arrive comme par magie.
Une semaine à la ferme , une semaine pour un chien d’éveil !

Le stage est très riche en apprentissages théoriques et pratiques , en évolution personnelle , en rencontres inoubliables , en émotions à fleur de peau et en grosse fatigue !

L’ une des belles rencontres que j’ai faite sous la pluie bretonne du stage handi’ chiens! Une des familles d’accueil qui éduquent les chiens jusqu’à leurs 16 mois.

Un stage aux conditions de rêve ( à part la météo !) logés , nourris , chouchoutés sur le lieu du stage condensé en une semaine :
pas de déplacements pour aller en cours ni de réveil tôt pour les enfants .

Gabrielle suit les cours théoriques … en se reposant sur la table de travail des chiens !

Ou en se mettant en retrait auprès d’une bénévole inoubliable , toutes deux très concentrées .

Les cours pratiques ont beaucoup intéressé Gabrielle qui nous a fait la surprise de participer!

l’Educatrice canine - Guinée - Gabi - le Papa

Gabrielle a profité de cet environnement qui correspond parfaitement à son univers : nourrir les animaux de la ferme , se balancer aux rythme  du hamac avec les indispensables bénévoles chouchoutant nos petits , pendant que papa et maman déjouent les pièges des interros matinales !

Le moment le plus marquant pour moi a été la sortie en courses. Les troubles autistiques peuvent être très violents et parfois on n’ose plus sortir …

Mais le regard des gens change avec un chien d’assistance… Les courses sans mettre gabi dans le caddie en grignotant, c’est possible avec Guinée!

Gabrielle a rencontré deux autres enfants qui partagent la même aventure : un jeune garçon autiste et une jeune fille qui a le syndrome de Rett .

Gabrielle s’est attachée à eux mais elle ne l’a montré qu’après le stage .
Elle a eu du mal à réaliser que le stage était terminé , je pense qu’elle a vécu les choses à retardement .

Elle a cherché les enfants dans notre maison et a reproduit certains de leurs troubles pendant trois bonnes semaines .

Huit mois se sont écoulés depuis le stage , Gabrielle parle encore de ces enfants et de leurs chiens respectifs .
Je pense que tout comme pour nous , ils sont restés dans son cœur .

Sur le lieu du stage , nous avons aussi rencontré Virginie , la femme qui a changé notre vie en partageant l’aventure de son fils et de son chien d’éveil .

Elle aussi a couru après Gabrielle, et c’est avec émotion que je pense à son fils sans qui le bonheur de Gabrielle avec Guinée ne nous aurait jamais été offert!

Un stage émouvant et studieux : après la découverte du cadre de vie nous allions nous mettre au travail de 8 h 30 à 17 h avec deux pauses, s’occuper de Gabrielle et Guinée jour et nuit…

… et surtout réviser chaque nuit pour le lendemain et réussir l’examen final.

La suite au prochain post it

Le jour où... le duo se forma

Au premier jour du stage , nous découvrons qui se cache dans le camion handi’chiens …

C’est Guinée , prête à retrouver sa nouvelle maîtresse !

Nous allons suivre les cours et apprendre à vivre ensemble jour et nuit dès cet instant , avec l’équipe d’éducateurs canins .

Notre nouvelle vie commence ici !

Un foulard choisi des moi à l’avance pour Guinée , afin de faciliter la reconnaissance des chiens par leurs petits maîtres et surtout leurs parents !

La fatigue du stage et des révisions nocturnes nous ont parfois joué des tours!

Guinée devient porteuse de la bannière étoilée !

Gabi découvre sous les conseils de Ann comment tenir Guinée en laisse auprès d’elle .

La fine équipe est en marche sous les conseils attentifs de notre imperturbable éducatrice !
Notre gestuelle, notre intonation, la stimulation du chien, les signes de l etat d esprit du chien…les éducateurs font de nous des experts!

Guinée est très attentive à la démarche de Gabrielle et s’exécute doucement.

Ann apprend à Gabrielle comment récompenser Guinée .

Une caresse, un contact , un regard bienveillant de Guinée … le duo s’est très vite entendu et Guinée s’est rapidement fixée sur Gabrielle.

Gabrielle a vite réclamé son chien quand elle ressentait un besoin particulier .
Une angoisse apaisée par la simple présence de Guinée .

Dès la première semaine de stage, Gabrielle et Guinée ont construit une relation très rapidement.

Gabrielle est très demandeuse auprès de Guinée, elle peut être très envahissante et prendre Guinée au cou, venir tout a coup auprès d’elle pour s’allonger contre son ventre.

Elle a bien souvent envie de se lover contre elle, comme si Guinée l’enveloppait. Gabrielle est souvent brusque.

Nous avons beaucoup porté attention au ressenti de Guinée afin que la relation reste agréable.

Là où d’autres enfants avaient besoin que l’ont favorise beaucoup la relation et le rapprochement avec leur chien, pour Gabrielle, il s’agissait de la séparer de son chien pour que Guinée se sente respectée dans es temps de repos mais aussi pour faire comprendre à Gabrielle qu’elle est trop brutale, et que Guinée revient dès que Gabrielle a un comportement adapté à la tolérence de son chien.

Bien vite, nous avons demandé à Gabrielle de brosser Guinée avant qu’elle ne se jette sur elle pour se détendre.

L’envie irrépressible de Gabrielle de se jeter sur son chien se trouve amoindrie puis Gabrielle pose doucement sa tête contre le ventre chaud de Guinée.

Nous protégeons leur relation pour qu’elle reste associé a de l’agréable et de l’harmonieux.

Le duo se retrouve lorsque Gabrielle est en mesure d’accepter le contact physique, pour un gros câlin au calme.

Les nuits au gîte ne sont pas faciles . Tous dans le même espace , Gabrielle ne s’endort pas si la lumière est allumée.

Nous révisions donc la nuit dans la salle de bain privative , une fois que Gabrielle s’endormait auprès de Guinée , lovée après d’elle .

La première nuit Gabrielle nous a rejoint dans notre lit , suivie de Guinée! C ‘est ça la vie de famille ! Tous dans le même bateau !