Lorsqu’on franchit la palissade…

Tout n’est que fumée.  Il est toujours étonnant de ce dire qu’un jour, bien après notre mort, on peut se souvenir de vous pour une chose totalement étrangère à votre vécu.

—Illustration de Simon “gee” Giraudot :  geektionnerd —

Comme  Beaucoup, je suppose, on nous avait présenté M De Lapalisse comme un érudit quelque peut redondant, exprimant des vérités de la façon la plus absurde, en enfonçant des portes ouvertes.

Mais cet homme peut être très instruit au demeurant, était Maréchal de Francois 1er.  Jacques II de Chabannes, Seigneur de La Palisse (allier).

Il trouva la mort , au combat, pendant la bataille désastreuse de Pavie (1525). Il combattit si vaillamment que ses soldat lui dédièrent une chanson, comme il était de coutume.
la première strophe se déclamait ainsi :

“Hélas, La Palice est mort,
Est mort devant Pavie ;
Hélas, s’il n’était pas mort,
Il ferait encore envie”

 

De fil en aiguille, et la calligraphie de l’époque où les “F” imite les “S”, la dernière phrase devint : Il serait encore en vie.

Son épouse, repris cette verité sur son épithaphe :

Ci-gît le Seigneur de La Palice
S’il n’était mort il ferait encore envie

L’histoire, avec ou sans grand H aurait pu en rester là. Mais au 18eme siècle, un poète et philosophe, Bernard de la Monnoye se prit d’intérêt pour la chanson de la palisse, et s’amusa à la réécrire, et à réécrire la légende de Lapallisse.

Ce fut lui au final qui créa la Lapalissade. :
morceaux choisit :

Il expliqua doctement / La physique et la morale : / Il soutint qu’une jument / Est toujours une cavale.

Par un discours sérieux, / Il prouva que la berlue / Et les autres maux des yeux / Sont contraires à la vue.

Chacun alors applaudit/ À sa science inouïe : / Tout homme qui l’entendit / N’avait pas perdu l’ouïe.

Monsieur d’la Palisse est mort, / Il est mort devant Pavie, / Un quart d’heure avant sa mort, / Il était encore en vie.

Il fut, par un triste sort, /Blessé d’une main cruelle. / On croit, puisqu’il en est mort, / Que la plaie était mortelle.

Regretté de ses soldats, / Il mourut digne d’envie ; / Et le jour de son trépas / Fut le dernier jour de sa vie.

Il mourut le vendredi, / Le dernier jour de son âge ; / S’il fût mort le samedi, / Il eût vécu davantage.”

Il est quand même cocasse de se représenter l’esprit de Chabannes se voir comme ça prit en exemple, déformé, pour, au final faire de lui un sentenceur d’évidence.

Illustration de Simon “gee” Giraudot :  geektionnerd

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